boite de lait en poudre pour bébé et biberons

Comment bien choisir un lait infantile pour son bébé ?

Lorsqu’on ne peut ou ne souhaite pas allaiter, ou lors du sevrage, il peut être difficile de choisir un lait infantile. Vous vous retrouvez face à de nombreuses marques et formules de lait, sans savoir quel est le meilleur lait et le mieux adapté pour votre enfant. Toutes les préparations infantiles sont réglementées et ont une base commune, mais avec de réelles différences. Cet article vous apporte les informations essentielles pour vous aider à faire votre choix : les indications de chaque type de lait, les éléments à privilégier, et les impacts sur le développement et le bien-être du nourrisson.

Bien sûr, le lait maternel reste supérieur au lait infantile et l’allaitement est la priorité s’il est possible et souhaité.

Comprendre l’intérêt des laits infantiles

Le cadre réglementaire des laits pour bébé

Tous les laits infantiles sont soumis à une réglementation stricte garantissant leur composition et leur sécurité. En France et en Europe, la formulation des laits est encadrée par le règlement CE 2016/127 qui impose des niveaux précis de nutriments essentiels (proportions de protéines, lipides, glucides, vitamines et minéraux), et réglemente l’utilisation de pesticides par exemple.

Les laits sont divisés en laits 1ers âge, 2e âge (ou lait de suite) et 3e âge (ou croissance), selon l’âge de l’enfant.

Pourquoi un lait ou une préparation infantile et non un lait de vache « normal » ?

Le lait de vache standard (ou de chèvre), même entier, n’est pas adapté au système digestif du bébé et ne peut garantir ses besoins nutritifs.

Il contient entre autres trop de protéines, mais surtout l’absence de fer et d’acides gras nécessaires au développement du cerveau, et des taux de minéraux inadaptés.

Quant aux « jus végétaux », ils ne contiennent pratiquement rien hormis de l’eau et du sucre. Le lait infantile est conçu pour apporter tous les nutriments nécessaires à la croissance de l’enfant, en essayant de se rapprocher au mieux du lait maternel.

Les différents types de lait infantile et leurs indications

Lait 1er âge (standard) : pour la plupart des bébés

Le lait 1er âge est destiné aux nourrissons de la naissance jusqu’à 6 mois environ (au moment où l’enfant consomme un repas entièrement diversifié le midi).

Il contient des éléments essentiels pour la croissance :

  • Des protéines ajustées en quantité et qualité (teneur autour de 1,4 g/100 ml pour limiter la surcharge rénale), réparties entre lactosérum et caséines, les deux types de protéines du lait.
  • Des lipides riches en acides gras essentiels (DHA, ARA), indispensables au développement du cerveau et de la rétine.
  • Du lactose comme source principale de glucides, proche du lait maternel.
  • Des vitamines et minéraux, notamment le fer et la vitamine D.

C’est le lait à proposer en première intention.

Lait « relais » : après l’allaitement ?

Ils sont indiqués en relais de l’allaitement maternel. Ils n’ont aucune plus-value par rapport aux laits standards, ils sont principalement marketing, sans intérêt nutritionnel spécifique. Un lait 1er âge classique peut être proposé en complément ou en relais de l’allaitement.

Lait confort ou « gest » pour les petits troubles digestifs

Ces laits sont légèrement épaissis. Ils permettent de diminuer les régurgitations peu importantes ou de réguler les « gros appétits ». Épaissis la plupart du temps avec de l’amidon, avec un taux moyen d’épaississement de 0,4 à 0,6 g pour 100 ml.

Lait anti-reflux (AR) : pour les bébés avec du reflux

  • Lait disponible uniquement en pharmacie, indiqué en cas de régurgitations importantes ou de reflux.
  • Épaissi avec amidon ou caroube (ou parfois les deux, ou même avec de la pectine en plus pour une meilleure tolérance).
  • Lait très épaissi, épaissi directement dans le biberon (caroube), ou dans l’estomac (amidon).
  • Peut entraîner une modification de la texture des selles (plus molles ou plus compactes selon l’épaississant utilisé).

Lait « anti-colique » ou « digestion facilitée » pour diminuer les maux de ventre

  • En cas de petits troubles digestifs : coliques, ballonnements, constipation légère.
  • Protéines partiellement hydrolysées pour une meilleure digestibilité.
  • Ajout de probiotiques ou prébiotiques pour favoriser la flore intestinale.
  • Parfois, une teneur réduite en lactose pour limiter la fermentation digestive.

Avant de changer de lait, vérifier les quantités de lait données, tester les massages de ventre quotidien, essayer un changement de tétine pour limiter l’air avalé avec un débit adapté et bon positionnement du biberon.

Lait « transit » en cas de constipation

  • Pour faciliter le transit : transit lent, selles difficiles ou constipation.
  • Teneur réduite en caséine, plus riche en protéines solubles (protéines de lactosérum).
  • Taux de lactose plus important pour accélérer le transit.
  • Enrichis en prébiotiques et/ou probiotiques pour favoriser la flore intestinale et diminuer les désagréments digestifs.
  • Certains laits transit contiennent plus d’acides gras qui aident à ramollir les selles.

L’eau utilisée peut jouer sur le transit, ne pas hésiter à changer d’eau pour une très faiblement minéralisée avant d’envisager un changement de lait !

Lait sans lactose pour bébé

Pour les intolérances au lactose (rares chez les bébés !) et gastro-entérite (période d’intolérance ponctuelle). Remplacement du lactose par des glucides alternatifs (maltodextrine, amidon). À ne pas confondre avec une allergie aux protéines de lait de vache (PLV). Pas d’utilité hors gastro-entérite ou indication médicale.

Lait hypoallergénique (HA)

Contient des protéines de lait de vache partiellement hydrolysées pour une meilleure tolérance et en prévention des allergies lors d’antécédents familiaux d’allergie (eczéma, asthme, allergie alimentaire). Ne sont quasiment plus disponibles aujourd’hui. Certaines formules sont encore à base de protéines partiellement hydrolysées, mais sans l’appellation HA (cela reste intéressant pour faciliter la digestion ou dans des familles à tendance atopique).

Lait infantile biologique : selon vos convictions

Formulés avec des ingrédients issus de l’agriculture biologique. Pas nécessairement mieux tolérés que les laits classiques, pas de différence spécifique de nutriments, voire moins intéressants sur la teneur en certains minéraux. Indiqué uniquement pour des raisons de conviction.

Laits enrichis en prébiotiques, probiotiques…

Laits enrichis en oligosaccharides (HMO), lactoferrine… et autres composants existants dans le lait maternel ou enrichis en probiotiques. Ces laits ont montré une efficacité sur la prévention de certaines infections, mais seulement pour des souches et quantités données. Ils sont dans tous les cas bénéfiques et n’entraînent aucun effet secondaire, donc peuvent être utilisés sans souci !

Lait de chèvre infantile : une alternative aux laits standards

Lait fabriqué à base de protéines de lait de chèvre.

  • Mêmes caractéristiques nutritionnelles qu’un lait 1er âge classique.
  • Souvent plus facile à digérer (protéines plus petites que celles du lait de vache).
  • Goût plus doux et un peu plus « semblable » à celui du lait maternel (peut être préféré par les bébés allaités).

Peut être choisi en cas de difficultés de digestion, de refus du lait 1er âge après allaitement, ou par conviction. Ne doit pas être utilisé en cas d’allergie aux protéines de lait de vache (protéines très semblables avec allergie croisée).

Formule à base de protéines de riz pour les bébés intolérants

Indiquée en cas d’allergie aux protéines de lait de vache, en première intention ou si refus des hydrolysats. Lait de référence pour les familles végétaliennes. Composition nutritionnelle parfaitement adaptée au développement de l’enfant et équivalente aux autres laits.

Hydrolysat poussé de protéines ou préparation à base d’acides aminés : sur prescription médicale

En cas d’allergie confirmée aux protéines de lait de vache (PLV). Protéines très fragmentées, donc beaucoup moins reconnues par le système immunitaire et n’entraînant pas de réaction allergique. Les formules aux acides aminés libres sont des préparations où les protéines sont totalement absentes et remplacées par des acides aminés, les briques élémentaires des protéines. L’odeur et le goût peuvent être très forts, dûs au découpage des protéines. Ces laits sont des laits médicaux, et seront prescrits par le médecin en cas d’allergie ou de malabsorption, ou autre pathologie particulière.

Quel lait dans quelle situation ?

Situation de votre bébé Type de lait indiqué Point de vigilance
Aucun symptôme particulier Lait 1er âge standard C’est le lait de première intention, y compris en complément ou en relais de l’allaitement.
Régurgitations peu importantes, gros appétit Lait « confort » ou « gest », légèrement épaissi Vérifier d’abord le débit de la tétine et les quantités.
Régurgitations importantes, reflux Lait anti-reflux (AR), en pharmacie Peut modifier la texture des selles selon l’épaississant utilisé.
Coliques, ballonnements, constipation légère Lait « anti-colique » ou « digestion facilitée » Tester d’abord les quantités, les massages du ventre et le type de tétine.
Transit lent, selles difficiles Lait « transit » Essayer d’abord une eau très faiblement minéralisée.
Gastro-entérite en cours Lait sans lactose, de façon temporaire Aucun rapport avec l’allergie aux protéines de lait de vache.
Antécédents familiaux d’allergie Formule à protéines partiellement hydrolysées L’appellation « HA » a quasiment disparu des rayons.
Refus du lait après allaitement, digestion difficile Lait de chèvre infantile Contre-indiqué en cas d’allergie aux protéines de lait de vache.
Allergie aux protéines de lait de vache confirmée Hydrolysat poussé, acides aminés libres ou formule à base de riz Sur prescription médicale uniquement.

Ces indications sont des repères, pas une règle : c’est la tolérance de votre bébé qui tranche, pas la catégorie inscrite sur la boîte. Tout changement mérite l’avis de votre pédiatre ou d’un professionnel de santé formé.

Les ingrédients à privilégier dans le choix du lait artificiel

  • La présence de DHA et ARA, acides gras essentiels pour le développement cérébral (le rapport sera si possible plus élevé en ARA qu’en DHA, pour favoriser le développement du cerveau).
  • Une teneur élevée en acides gras, les bébés ayant besoin de 60 % de lipides.
  • Une teneur adaptée en protéines (autour de 1,3-1,4 g/100 ml), les laits riches en protéines solubles étant souvent plus faciles à digérer que ceux riches en caséines (qui peuvent ralentir un peu la vidange gastrique et a minima les reflux).
  • Une source de glucides bien tolérée, de préférence le lactose en première intention, éventuellement à diminuer en cas de coliques ou ballonnements, et à l’inverse quasiment à 100 % pour accélérer le transit.
  • La teneur en fer, qui n’est pas un critère pour les laits 1ers âges (les besoins sont faibles) mais qui le sera réellement pour les laits 2e et 3e âge.
  • Des prébiotiques, promouvant le développement du microbiote mais sans étude prouvée.
  • Éventuellement des probiotiques adaptés aux petits maux de bébé, là encore potentiellement positifs sans beaucoup d’études fiables.
  • Et surtout une tolérance optimale pour votre bébé, chaque enfant réagissant différemment. Il pourra donc être nécessaire de réadapter le lait selon la tolérance de l’enfant, les symptômes ou gênes existantes, en se dirigeant vers un lait avec les composants les plus susceptibles de convenir à l’enfant ou de soulager les maux du quotidien.

Les laits infantiles sont-ils dangereux et y a-t-il des ingrédients nocifs pour la santé des bébés ?

Malgré ce qu’on pourrait croire, les nutriments ajoutés dans les laits infantiles n’ont rien de dangereux et sont bien adaptés à la croissance des bébés, les besoins nutritionnels étant très différents des nôtres et parfois de nos connaissances générales.

Idée reçue

« Il y a de l’huile de palme dans les laits infantiles, c’est mauvais pour mon bébé. »

En réalité

Il reste peu de laits avec de l’huile de palme aujourd’hui. L’acide palmitique est présent dans le lait maternel, et l’huile de palme était le seul moyen d’apporter cet acide gras.

Idée reçue

« La taurine, c’est un excitant, comme dans les boissons énergisantes. »

En réalité

Elle est également présente dans le lait de mère. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas un excitant mais un composé qui aide à l’assimilation du nutriment qu’il accompagne.

Idée reçue

« Les maltodextrines, ce sont des sucres ajoutés dont mon bébé n’a pas besoin. »

En réalité

Les bébés ont besoin de sources de glucides facilement absorbables pour l’énergie et la croissance. Ces glucides ajoutés ne sont pas un problème.

Idée reçue

« Un lait bio contient forcément moins de pesticides. »

En réalité

L’alimentation infantile est très réglementée sur les teneurs en pesticides autorisées. Les seuils sont donc très limités dans tous les laits infantiles, d’où une plus-value très limitée des laits bio sur ce point.

Je ne rentre pas ici dans le débat des produits industriels et de leurs effets sur la santé, mais uniquement sur les ingrédients contenus dans les laits.

Dans tous les cas, aucun lait n’égale le lait humain.

Peut-on changer le lait de son bébé soi-même ?

Le regard de la puéricultrice

Beaucoup de familles que j’accompagne ont déjà essayé trois ou quatre laits en quelques semaines, souvent après multiples conseils, expérience de l’entourage ou avis sur des groupes. À l’arrivée, plus personne ne sait lequel convenait vraiment, ni ce qui a amélioré ou aggravé les choses.

Ce que je fais en premier, ce n’est pas le type de lait : ce sont les quantités, le rythme des biberons, la forme et le débit de la tétine, et la façon dont le bébé prend le biberon. Dans une bonne partie des situations, la gêne se trouve là, et il n’y a pas forcément utilité de changer à nouveau de lait.

Changer le lait de votre bébé vous-même est possible, oui.
Mais il est important de ne pas changer en permanence afin de savoir si le bébé le tolère réellement ou non, de le faire de manière progressive selon les besoins, et de ne pas changer à l’aveugle, mais selon des critères appropriés.

Avant de changer de lait, différents éléments sont importants à évaluer et à adapter :

  • Les quantités et le rythme,
  • La succion,
  • La position du biberon,
  • L’eau,
  • Le débit de la tétine.

Et seulement si ces changements n’améliorent pas les symptômes, alors envisager un changement de lait.

Un nouveau lait peut demander 1 à 2 semaines d’adaptation.

Il est toujours préférable de prendre l’avis de votre pédiatre ou d’un professionnel de santé formé avant d’amorcer un changement de formule, et de ne pas changer uniquement selon l’avis ou l’expérience d’un autre parent.

Dans quels cas demander un avis médical avant de changer de lait

La grande majorité des inconforts digestifs des premiers mois sont bénins et s’améliorent avec des ajustements simples. Certains signes, en revanche, méritent un avis médical avant d’envisager quoi que ce soit.

  • Du sang ou des glaires dans les selles
  • Une cassure de la courbe de poids, ou un poids qui stagne
  • Des vomissements en jet, répétés, ou des refus de biberon qui se répètent
  • Un eczéma étendu, des plaques ou un gonflement qui apparaissent après les biberons
  • Des diarrhées qui durent, ou des couches beaucoup moins mouillées que d’habitude
  • Un épuisement des parents, ou une inquiétude qui ne retombe pas malgré les ajustements essayés

Conclusion

Le choix du lait infantile doit se faire en fonction des besoins spécifiques de votre bébé. Si un lait standard convient dans la majorité des cas, certaines formules peuvent être utiles en cas de troubles digestifs ou d’allergies.

Dans un premier temps, vous pouvez choisir un lait 1er âge standard, trouvable facilement près de chez vous, ou celui donné à la maternité ou à la crèche, et vous reposer la question selon la tolérance de votre enfant. Dans tous les cas, il est toujours préférable de demander conseil à un professionnel de santé avant tout changement.

Un lait qui convient est celui que votre bébé boit avec plaisir, digère bien et qui lui assure une croissance harmonieuse !

Vous ne savez pas si le lait de votre bébé lui convient vraiment ?

L’alimentation de votre bébé est un vrai sujet et vous ne savez plus si vous devez changer le lait ou d’autres éléments : nous prenons le temps de tout revoir ensemble, les quantités, le rythme des biberons, la succion, les symptômes du quotidien. Vous comprenez les liens de cause à effet et repartez avec des propositions concrètes adaptées à votre bébé .

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En téléconsultation ou à domicile, selon vos besoins.

Pauline Lotte, infirmière puéricultrice

Écrit par

Pauline, puéricultrice spécialisée sommeil et alimentation de l’enfant

DE puéricultrice · DU nutrition pédiatrique · 500 h de formation depuis 2018 · Formatrice premiers secours

Infirmière puéricultrice depuis 18 ans, je suis spécialisée dans le sommeil et l’alimentation des enfants de 0 à 6 ans, et je continue à me former régulièrement sur ces deux sujets.

L’alimentation du jeune enfant – diversification, reflux, refus alimentaire, problématiques de poids, choix des laits infantiles… – est l’objet de ma formation universitaire en nutrition pédiatrique et de mes formations complémentaires.

J’accompagne plus de 200 familles par an, en téléconsultation, au cabinet et à domicile sur Paris et dans le Val-de-Marne.

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