petits pots de fruits et légumes pour la diversification alimentaire

Les quantités et repères alimentaires de 4 à 18 mois

Combien de purée à 6 mois ? Faut-il encore donner du lait à 9 mois, et en quelle quantité ? À quel moment introduire les féculents, et à quelle dose ?

Ce sont les questions qui reviennent le plus souvent en consultation, et ce sont aussi celles auxquelles il est le plus difficile de répondre par une seule phrase : tout dépend de l’âge de votre bébé, mais aussi de son appétit, de son rythme, et du moment où vous avez commencé.

Vous trouverez ci-dessous les repères de quantités et la structure des repas, âge par âge, de 4 à 18 mois. Les trois fiches sont également réunies dans un document à imprimer, à télécharger en bas de page.

Si vous n’avez pas encore commencé la diversification et que vous cherchez plutôt par quoi débuter, dans quel ordre et à partir de quel âge, tout est détaillé ici : bien démarrer la diversification alimentaire.

Il ne s’agit bien sûr que de repères et de moyennes basées sur les recommandations en vigueur (PNNS, recommandations de l’AFPA), ces données sont à adapter aux besoins et à l’appétit de votre bébé.

Comment lire ces repères

Avant de regarder les chiffres, trois choses qui changent complètement la façon de les utiliser.

Ce sont des moyennes, pas des objectifs. Ces quantités décrivent ce que mangent la plupart des bébés d’un âge donné. Elles ne décrivent pas ce que votre bébé doit manger. Un enfant qui prend systématiquement moins que le tableau, mais dont la courbe de poids suit sa ligne, va très bien.

L’appétit varie d’un jour à l’autre, et c’est normal. Un bébé peut avaler 150 g de purée un midi et refuser après trois cuillères le lendemain. Une poussée dentaire, un rhume, une grosse sieste, une journée de fortes acquisitions motrices : tout cela modifie l’appétit. On regarde l’équilibre sur la semaine, jamais sur un repas.

Jusqu’à 1 an, le lait reste l’aliment principal. C’est le point le plus souvent inversé. La diversification des premiers mois est une découverte du goût et des textures, pas un remplacement du lait. Les quantités de solide augmentent progressivement, et les quantités de lait diminuent en parallèle, dans cet ordre-là, pas l’inverse.

Une précision de vocabulaire, enfin : dans les tableaux, « allaitement » signifie une tétée, sans quantité indiquée puisqu’elle n’est pas mesurable. Un bébé allaité régule lui-même la quantité qu’il prend.


Le regard de la puéricultrice

Beaucoup de parents s’inquiètent que leur bébé mange « seulement » 90 g quand la ligne du tableau ou le pédiatre leur a indiqué qu’il drvait manger 150 g.

Ce que nous analysons en premier, ce n’est pas la quantité mangée. C’est la courbe de croissance, le plaisir à manger et les rythmes alimentaires. Un enfant qui grossit régulièrement, se développe bien et a plaisir a manger n’a pas de problème d’alimentation, même s’il mange nettement moins de solide que la référence. La prise de gros biberons ou de tétées à la demande avant les repas peut aussi suffire à expliquer le manque d’entrain pour la purée. Beaucoup de facteurs peuvent expliquer qu’un enfant mange plus ou moins de quantité, sans qu’il n’y ait de raison de s’inquiéter. Ce qui compte, c’est l’ensemble des apports de la journée, et même de la semaine. Un appétit variable ou une préférence pour le lait n’ont rien d’anormal. Si les apports globaux sont là et que la courbe suit, tout va bien.

De 4 à 7 mois : les premières cuillères

C’est la période de la découverte. Les quantités sont faibles et progressent lentement, ce qui est exactement ce qu’on attend : à cet âge, l’objectif est que votre bébé rencontre de nouveaux goûts et une nouvelle texture, pas qu’il se nourrisse avec. Le lait couvre encore l’essentiel de ses besoins.

On installe un repas à la fois : d’abord le midi, puis le goûter quelques semaines plus tard, puis éventuellement le soir. Rien ne presse.

Repas 4 – 5 mois 6 – 7 mois
Matin Allaitement ou 180 / 210 ml de lait 1er âge Allaitement ou 180 / 240 ml de lait 2e âge
+/- céréales
Midi
+ eau
Quelques cuillères de purée de légumes, puis augmenter progressivement selon l’appétit (de 30 / 40 à 100 g environ)
Protéines : à introduire à la suite des légumes, 10 g
Allaitement ou 180 / 210 ml de lait 1er âge
100 à 150 g de purée de légumes
Féculents possibles : 15 g, ou 30 g de pomme de terre
Protéines : 10 g (2 c. à café)
1 c. à café d’huile végétale
Fruits possibles selon l’appétit
Allaitement ou 150 / 180 ml de lait 2e âge
Goûter
+ eau
Allaitement ou 180 / 210 ml de lait 1er âge
Quelques cuillères de compote, quelques semaines après l’introduction des légumes, puis augmenter progressivement
Allaitement ou 150 à 210 ml de lait 2e âge
Compote jusqu’à 100 / 130 g selon l’appétit
Soir Allaitement ou 210 / 240 ml de lait 1er âge
+/- céréales
Allaitement ou 210 / 240 ml de lait 2e âge
+/- céréales
Allergènes À débuter en très petite quantité À poursuivre régulièrement

Ces quantités sont des repères indicatifs, pas des objectifs à atteindre. C’est l’appétit de votre bébé, sa digestion et son intérêt pour la cuillère qui restent les meilleurs indicateurs.

De 8 à 11 mois : les morceaux font leur entrée

Les quantités de solide augmentent nettement, et la structure de la journée se stabilise. C’est aussi la période où les textures évoluent : on passe progressivement de la purée lisse à l’écrasé, puis aux morceaux fondants.

Le repas du soir se met en place à ce moment-là chez beaucoup d’enfants, souvent entre 9 et 11 mois, et de façon très variable d’un bébé à l’autre. Certains le réclament, d’autres préfèrent encore un biberon seul le soir : les deux sont normaux.

Repas 8 – 9 mois 10 – 11 mois
Matin Allaitement ou 180 / 240 ml de lait 2e âge
+/- céréales
Allaitement ou 180 / 240 ml de lait 2e âge
+/- céréales
Midi
+ eau
150 à 200 g de purée ou d’écrasé de légumes, dont 30 à 50 g de féculents
Protéines : 10 g (2 c. à café)
1 c. à café d’huile végétale
Allaitement ou 150 ml de lait 2e âge, ou un laitage
Fruits selon l’appétit, jusqu’à 100 / 130 g de compote
150 à 200 g de purée, d’écrasé ou de morceaux fondants de légumes, dont 40 à 60 g de féculents
Protéines : 15 à 20 g (3 à 4 c. à café)
1 c. à café d’huile végétale
Allaitement ou 150 ml de lait 2e âge, ou un laitage
Fruits selon l’appétit, jusqu’à 100 / 130 g de compote
Goûter
+ eau
Allaitement ou 150 à 210 ml de lait 2e âge (ou un laitage si pas le midi)
1 compote ou fruits crus mixés / écrasés
Occasionnellement : 1 biscuit infantile, pain des fleurs, croûton de pain
Allaitement ou 150 à 210 ml de lait 2e âge (ou un laitage si pas le midi)
1 compote, ou fruits écrasés ou en morceaux
Pain, céréales, biscuits selon l’appétit
Soir Allaitement ou 210 / 240 ml de lait 2e âge
+/- céréales, ou introduction progressive d’un vrai repas du soir selon l’appétit : purée de légumes +/- féculents
Si lait seul : allaitement ou 210 / 240 ml
Sinon allaitement + 150 à 180 ml de lait 2e âge, avec 120 à 180 g de purée de légumes + quelques cuillères de féculents, selon l’appétit et la fatigue

Ces quantités sont des repères indicatifs. Le passage aux morceaux se joue surtout entre 8 et 12 mois : proposez régulièrement des textures moins lisses, même si votre bébé les recrache au début.

De 12 à 18 mois : vers des repas comme la famille

Votre enfant mange désormais l’essentiel de ce que mange la famille. À partir de cet âge, la structure des repas compte davantage que les grammages : ce qui importe, c’est qu’il y ait des légumes, des féculents, une source de protéines et une matière grasse, plus que le poids exact de chacun.

C’est aussi l’âge où l’appétit devient irrégulier. La croissance ralentit après 1 an, et la néophobie – cette phase où l’enfant refuse ce qu’il ne connaît pas, et parfois ce qu’il aimait la veille – apparaît souvent vers 18 mois. Un enfant qui mange moins et trie son assiette à cet âge n’est pas forcément en difficulté.

Repas 12 – 15 mois 15 – 18 mois
Matin Allaitement ou 210 ml (ou plus) de lait de croissance
Céréales, pain
+/- 1 fruit
Allaitement ou 210 ml (ou plus) de lait de croissance
Céréales, porridge, pain
+/- 1 fruit
Midi
+ eau
Jusqu’à 200 g de légumes et féculents, en purée ou en morceaux (2/3 légumes – 1/3 féculents)
Protéines : 20 g (4 c. à café)
1 c. à café d’huile végétale
1 laitage ou fromage
1 compote ou 1 fruit
2/3 légumes – 1/3 féculents, mixés ou en morceaux
+/- un peu de crudités en entrée
Protéines : 20 à 30 g (4 à 6 c. à café)
1 c. à café d’huile végétale
1 laitage ou fromage
1 fruit ou 1 compote
Goûter
+ eau
Allaitement ou 150 / 210 ml de lait de croissance, ou un laitage
1 compote ou 1 fruit
Pain, céréales, biscuits
Allaitement ou 150 / 210 ml de lait de croissance, ou un laitage
1 fruit ou 1 compote
Pain, céréales, biscuits
Occasionnellement : chocolat, confiture, purée d’oléagineux
Soir Allaitement ou 150 / 180 ml de lait de croissance, ou yaourt, fromage blanc
150 à 200 g de légumes et féculents (2/3 – 1/3)
Allaitement, lait, yaourt ou fromage blanc
150 à 200 g de légumes et féculents (2/3 – 1/3)
+/- 1 fruit

À cet âge, on regarde l’équilibre sur la semaine et la courbe de poids, pas le contenu d’un repas.

Si votre bébé mange beaucoup moins (ou beaucoup plus) que ces repères

C’est de très loin la question que je reçois le plus souvent après la lecture de ce type de tableau. Trois idées reçues méritent d’être remises à leur place.

Idée reçue

« Il ne finit jamais la quantité indiquée, c’est qu’il ne mange pas assez. »

En réalité

Un tableau décrit une moyenne construite sur un grand nombre d’enfants, dont la moitié mange moins. Le vrai indicateur, c’est la courbe de poids et l’énergie de votre bébé dans la journée, pas la quantité exacte qu’il prend.

Idée reçue

« À partir de 6 mois, le lait ne suffit plus, il faut vraiment qu’il mange. »

En réalité

Vrai et faux : jusqu’à 1 an, le lait reste l’aliment principal et couvre l’essentiel des besoins, notamment en fer et en acides gras. Un bébé qui prend bien son lait et picore le solide n’est pas en carence. Il est néanmoins important d’introduire de la variété d’aliments et de textures

Idée reçue

« Il mange beaucoup plus que le tableau, il va prendre trop de poids. »

En réalité

Un tout-petit régule spontanément ses apports quand on le laisse faire. Ce qui dérègle cette capacité, c’est plutôt l’inverse : insister pour finir, ou restreindre un enfant qui a encore faim.

Et si je fais de la DME ?

Ces repères correspondent à une diversification menée à la cuillère. En diversification menée par l’enfant, la logique est différente : on ne mesure pas les quantités, c’est votre bébé qui régule ce qu’il mange à partir de ce qu’on lui propose. Les repères de structure des repas restent utiles (quels aliments, à quels moments de la journée) mais les grammages, eux, ne s’appliquent pas.

Beaucoup de familles fonctionnent d’ailleurs en mode mixte, avec de la purée à certains repas et des morceaux à prendre à la main aux autres. C’est tout à fait possible, et souvent le plus confortable.

Votre bébé ne rentre pas dans les cases de ces tableaux ?

C’est le cas le plus fréquent, et un tableau ne pourra jamais y répondre. À partir d’un questionnaire détaillé, je reprends avec vous le déroulé réel des repas de votre enfant : ses quantités, la répartition entre lait et solide, son rythme et ce qui bloque. Vous recevez une analyse écrite et un plan d’action pensé pour lui.

Demander une analyse personnalisée

Entièrement à distance, à partir d’un questionnaire détaillé. Réponse écrite sous 48h, hors week-ends et jours fériés.

Pauline Lotte, infirmière puéricultrice

Écrit par

Pauline, puéricultrice spécialisée sommeil et alimentation de l’enfant

DE puéricultrice · DU nutrition pédiatrique · 500 h de formation depuis 2018 · Formatrice premiers secours

Infirmière puéricultrice depuis 18 ans, je suis spécialisée dans le sommeil et l’alimentation des enfants de 0 à 6 ans, et je continue à me former régulièrement sur ces deux sujets.

L’alimentation du jeune enfant – diversification, reflux, refus alimentaire, problématiques de poids, choix des laits infantiles… – est l’objet de ma formation universitaire en nutrition pédiatrique et de mes formations complémentaires.

J’accompagne plus de 200 familles par an, en téléconsultation, au cabinet et à domicile sur Paris et dans le Val-de-Marne.

Découvrir les accompagnements alimentation →

Publications similaires