L’endormissement autonome chez le tout-petit
Ah, ce fameux endormissement autonome dont tout le monde vous parle… On vous promet qu’il est la clé de nuits complètes, sans réveils, d’endormissements faciles, bref, il semble être le Graal !!!
Ce sujet peut susciter de l’anxiété ou des interrogations, surtout quand il s’agit de savoir s’il est réellement indispensable pour un bon sommeil, ou comment le mettre en place de manière bienveillante.
On refait le point ensemble, comme toujours, en nuançant les éléments, et en vous permettant de trouver ce dont vous avez besoin pour votre enfant !
Qu’est-ce que l’endormissement autonome ?
L’endormissement autonome signifie que l’enfant est capable de s’endormir seul, sans aide ou assistance directe (donc sans être bercé, allaité, ou avoir le parent présent près de lui).
En quelques mots, cela signifie que l’enfant s’endort seul dans son lit et dans sa chambre. Cette capacité et cette autonomie sont possibles pour tous les enfants, mais de manière très différente selon chacun : certains bébés ont une autonomie naturelle, dès les premiers mois, là où d’autres auront besoin de beaucoup de sécurisation pour y arriver.
L’objectif de l’endormissement autonome est que l’enfant trouve en lui-même les ressources pour passer de l’état d’éveil au sommeil, et donc par la suite, pouvoir également se rendormir seul dans la nuit.
Pourquoi encourager l’endormissement autonome ?
Il y a plusieurs avantages à permettre à votre enfant d’apprendre à s’endormir seul :
- Favoriser son indépendance : l’apprentissage de l’endormissement autonome est une étape vers l’autonomie, cela permet à l’enfant de développer ses propres stratégies d’apaisement, une compétence qu’il pourra utiliser tout au long de sa vie.
- L’amener à passer des nuits plus sereines et à mieux enchaîner les cycles de sommeil : un enfant qui sait s’endormir seul aura en règle générale plus de facilité à se rendormir lors des réveils nocturnes, et vous appellera donc moins.
- Réduire l’anxiété face au sommeil : un endormissement autonome et prévisible aide à réduire le stress chez l’enfant, cela favorise un sentiment de sécurité.
- Du temps de sérénité gagné pour le parent : lorsque bébé s’endort seul, vous gagnez des moments de liberté dans votre journée, retrouvez des soirées plus apaisées, et appréhendez moins les endormissements.
Les situations où l’endormissement autonome n’est pas indiqué
Si votre bébé ou enfant s’endort accompagné, et que cela ne vous dérange pas, que les endormissements se passent bien et que le sommeil nocturne est de qualité, alors il n’y a pas d’enjeu à ce que votre bébé s’endorme seul !
Donc si vous aimez endormir votre bébé dans vos bras, au sein ou en vous allongeant près de lui, s’il s’endort facilement et rapidement de cette manière, et s’il ne vous redemande pas la même chose plusieurs fois par nuit (ou alors si cela vous convient) : ne changez rien !!!
D’autres moments ponctuels seront également contre-indiqués pour avancer sur ce sujet : si votre bébé est malade, qu’il vit une période de grands changements, que vous le sentez en pleine angoisse de séparation… bref, s’il ne vous semble pas au top de sa forme en ce moment et à un grand besoin de réassurance, alors ce n’est pas le moment idéal pour amorcer cette nouvelle habitude.
À quel âge commencer ?
Il n’y a pas d’âge précis pour commencer à accompagner vers l’endormissement autonome, car chaque enfant est différent, avec des capacités à se laisser aller au sommeil et des besoins de sécurisation très variables.
Dans tous les cas, avant 4 mois, le bébé est dans la période du 4eme trimestre, il est donc non raisonnable de vouloir lui apprendre à tout prix l’autonomie. Il a avant tout besoin de sécurisation, de repères, de commencer tout doucement à poser le rythme.
Passé cette période, les bébés commencent à avoir le potentiel physiologique de dormir plus longtemps à la suite.
Cela ne veut pas dire qu’ils seront prêts pour autant, et il est essentiel de respecter les besoins et le rythme de votre enfant, mais c’est le moment où vous pourrez commencer à modifier doucement les habitudes de sommeil. Mais bien sûr, sans aucune obligation de commencer si petit, c’est juste une possibilité.
Certains enfants ont besoin de plus de temps et de soutien : le tempérament de l’enfant, la manière dont il est né, son histoire, les éléments médicaux, l’émotionnel, les habitudes… de nombreux éléments entrent en jeu dans la compétence à pouvoir se laisser aller seul au sommeil !
Et au quotidien, les périodes de régression, de sommeil, des maladies, les périodes de développement, les changements, encore de nombreux éléments pourront influer sur cette compétence.
C’est donc vous, parents, selon vos ressentis, la connaissance de votre bébé, le vécu des endormissements, vos besoins… qui saurez si c’est, ou non, le bon moment d’accompagner votre bébé vers plus d’autonomie.
Que ce soit à 5 ou 6 mois, à 1 an ou à 2 ans et demi, peu importe l’âge, c’est le moment où vous penserez qu’il est important de le mettre en place qui compte.
Comment accompagner bébé vers l’endormissement autonome ?
Il n’y a pas de méthode unique, ni plus efficace qu’une autre, même si on entend souvent parler des méthodes « prometteuses » comme le 5-10-15 : il y a autant de manières de faire que de bébés et de parents, du plus doux et accompagné au plus direct selon vos besoins et ceux de votre bébé.
Avant toute chose, et avant d’aborder l’endormissement lui-même, il est important de s’assurer que les autres éléments en lien avec le sommeil sont en place :
- Du sommeil en quantité suffisante : il est important que votre bébé ne soit pas en déficit de sommeil, et que les endormissements ne soient pas « un combat ».
- Un rythme de sommeil régulier : pour aider votre bébé à avancer sur l’autonomie, un rythme de siestes et de sommeil régulier est important afin de lui donner des repères.
- Un rituel du coucher régulier : le rituel prévisible aide l’enfant à se sentir en sécurité, à s’apaiser et à se préparer au sommeil.
- Un environnement propice au sommeil : toujours le même lieu de sommeil, calme, sombre et aménagé pour votre enfant.
- Si possible un doudou, à adapter à chaque enfant (petite peluche, lange, tee-shirt de maman… à utiliser de manière sécuritaire), qui sera un intermédiaire rassurant pour votre enfant.
Une fois ces bases posées, quelques clés pour avancer :
- Se sentir prêt, être déterminé et patient : l’apprentissage de l’endormissement autonome peut prendre du temps, et chaque enfant progresse à son propre rythme. Il sera nécessaire d’être constant et répétitif dans vos propositions. Être décidé et sûr de vous est très rassurant pour votre enfant.
- Avancer par étape : « doucement, mais sûrement ». Une étape à la fois, un déconditionnement progressif des habitudes est bien moins difficile pour tout le monde ! Par exemple, commencez par déshabituer votre bébé des bercements ou du sein, mais continuez à le garder dans les bras, puis habituez-le à s’endormir près de vous, et ainsi de suite.
La fameuse question : l’endormissement autonome est-il obligatoire ?
La réponse est simple… non. Aucune obligation !
Chaque famille et chaque enfant est différent, et en aucun cas cet endormissement autonome n’est une obligation pour un sommeil de qualité.
Certains parents préfèrent continuer à aider leur enfant à s’endormir, que ce soit en le berçant, en l’allaitant, ou en restant à ses côtés. Cela peut être une source de réconfort pour l’enfant, mais aussi pour les parents. L’important est de trouver ce qui fonctionne pour vous, votre enfant et votre famille, sans vous imposer de normes ou d’âge stricts.
Si vous aimez accompagner votre enfant, même à 2 ou 3 ans, qu’il s’endort bien comme cela et passe de bonnes nuits, alors aucune raison de changer quoi que ce soit !
La pression sociale, les recommandations des professionnels ou amis, ou les comparaisons avec d’autres familles ne doivent pas dicter votre comportement. Le plus important est que vous trouviez un équilibre pour votre famille.
À l’inverse, si vous sentez que votre bébé est dépendant de l’aide que vous lui apportez, que cette manière de faire ne vous convient plus ou qu’elle vous épuise, ou qu’elle conditionne plusieurs réendormissements de la même manière dans la nuit, alors avancer sur ce sujet sera surement une grande aide pour vous.
En conclusion
L’endormissement autonome peut être une étape positive dans le développement de votre enfant, mais ce n’est en aucun cas une obligation.
Chaque enfant a ses propres besoins et son propre rythme, il est important de respecter ses besoins et de l’accompagner avec douceur. Il est aussi très important de faire ce qui vous semble bon pour lui !
Si vous décidez d’avancer vers l’autonomie, faites-le à votre rythme et à celui de votre enfant, en gardant en tête qu’il n’y a pas une seule manière de faire, ni une durée déterminée pour le faire, et que chaque enfant réagit différemment.
Et n’oubliez pas, les « bonnes habitudes » ne concernent que votre famille, ce que pensent les autres n’a pas d’importance !
Vous souhaitez accompagner votre bébé vers plus d’autonomie mais ne savez pas comment le faire ou n’osez pas ? Je vous accompagne de manière individualisée sur le sujet, retrouvez tous les accompagnements dans la rubrique sommeil.
Découvrez également le programme sommeil autonome, qui vous guidera pas à pas pour le sommeil de votre bébé, que ce soit pour mettre en place les bases ou avancer vers l’autonomie du sommeil !
Article rédigé par Pauline Lotte, puéricultrice, consultante parentalité et spécialiste sommeil et alimentation de l’enfant.
