Bronchiolite, gastro, fièvre et virus de l’hiver : comment réagir à la maison quand bébé est malade et quand aller aux urgences ?
En période hivernale, de nombreux virus peuvent circuler chez les bébés et les enfants : rhume, bronchiolite, gastro-entérite ou encore épisodes de fièvre sont fréquents et souvent bénins. Cependant, voir son bébé malade peut être source de grande inquiétude, il est toujours difficile de savoir quoi faire et quand consulter.
À travers cet article, je vous propose de comprendre les mécanismes de ces maladies hivernales, savoir comment réagir à la maison face aux symptômes, et reconnaître les signes d’urgence, pour gérer ces situations sereinement.
Bébé a un rhume ou une bronchiolite : des infections respiratoires courantes
Comment survient le rhume ou la bronchiolite et comment les éviter ?
Les rhumes sont causés par des virus, qui infectent les voies respiratoires supérieures. Les virus se transmettent principalement par les gouttelettes expulsées lors de la toux ou des éternuements. Le corps réagit en produisant du mucus pour évacuer le virus, provoquant une congestion nasale, un écoulement, et parfois une légère fièvre.
La bronchiolite, quant à elle, est souvent causée par le virus respiratoire syncytial (VRS). Ce dernier descend dans les bronchioles, les petites voies respiratoires des poumons. L’infection provoque une inflammation de ces bronchioles, ce qui rend la respiration plus difficile et entraîne une production excessive de mucus. Chez les tout-petits, la bronchiolite peut vite s’aggraver, les lavages de nez fréquents et une surveillance rapprochée sont nécessaires.
La bonne nouvelle ? Il existe aujourd’hui des moyens de protéger les nourrissons contre la bronchiolite liée au VRS. Deux voies sont possibles : un vaccin administré à la femme enceinte en fin de grossesse, qui lui fait fabriquer des anticorps transmis au bébé via le placenta (Abrysvo), ou un anticorps monoclonal administré directement au nouveau-né, souvent à la maternité (Beyfortus, rejoint cette année par un second produit, Enflonsia).
Un point important, souvent mal compris : ces deux voies ne se cumulent pas. Si vous avez été vaccinée pendant votre grossesse, votre bébé n’a pas besoin de l’injection. Il n’y a pas de meilleure option dans l’absolu, le choix se fait avec l’équipe qui vous suit, en fonction de votre situation et du moment de la naissance. Dans les deux cas, la protection contre les formes graves est très bonne.
Prévention : gestes barrière, encore et toujours ! Évitez d’exposer bébé aux personnes malades, portez un masque en cas de rhume ou autre pathologie, et lavez-vous les mains fréquemment.
Risques : les pathologies respiratoires peuvent provoquer une gêne respiratoire importante, surtout chez les jeunes enfants, et parfois évoluer en infection secondaire, comme une otite. Elles peuvent aussi être responsables de détresse respiratoire si les choses s’aggravent (d’où l’importance d’en connaître les signes), et éventuellement de déshydratation si le bébé a du mal à se nourrir.
Conduite à tenir à la maison face à une bronchiolite
- Le lavage du nez reste la base du traitement préventif et curatif : utilisez du sérum physiologique pour nettoyer les narines de bébé, au minimum avant chaque repas et au moment du coucher. Cela permet de désobstruer les voies respiratoires et faciliter la respiration.
- Il existe les pipettes de sérum physiologique ou les seringues pour lavages de nez, à utiliser selon l’âge de l’enfant et les préférences. Dans tous les cas, il est important d’être efficace sans être trop fort non plus pour ne pas augmenter les risques d’otites liées à l’excès de pression.
- Le mouche-bébé peut être utilisé en complément, si le lavage de nez n’est pas suffisant.
- Proposez des apports réguliers et fractionnés si nécessaire, afin d’assurer une hydratation suffisante, surtout en cas de bronchiolite où la prise alimentaire peut être perturbée.
- Un air trop sec irrite les muqueuses : maintenir la chambre autour de 18-20 °C et éviter le chauffage excessif suffit le plus souvent. Si vous utilisez un humidificateur, nettoyez-le très régulièrement, un réservoir mal entretenu diffuse bactéries et moisissures.
Ce qu’il vaut mieux éviter
C’est souvent la première question qu’on me pose, et rarement celle à laquelle on répond. Quelques repères utiles :
- La kinésithérapie respiratoire n’est plus recommandée en première intention lors d’un premier épisode de bronchiolite. Elle garde sa place dans certaines situations, chez des enfants plus fragiles ou selon l’évolution : c’est au médecin d’en juger au cas par cas.
- Les sirops antitussifs et les fluidifiants sont contre-indiqués avant 2 ans. La toux est un réflexe de défense : la bloquer empêche l’enfant d’évacuer ses sécrétions.
- Les antibiotiques ne servent à rien face à un virus. Ils ne sont prescrits qu’en cas de surinfection bactérienne avérée, comme une otite.
Je sais que c’est frustrant d’entendre qu’il n’y a « rien à faire ». En réalité, le lavage de nez et la surveillance ne sont pas « rien » : ce sont les deux choses qui aident vraiment.
Surveillance de l’état général : les signes d’alerte respiratoires
Chez un nourrisson, une respiration au-dessus de 60 mouvements par minute au repos est un signal fort. Mais soyons francs : compter les respirations de son bébé quand on est inquiet, à 3 h du matin, c’est très difficile. Fiez-vous plutôt à ce que vous voyez : le rythme, l’effort que ça lui demande, sa couleur, sa capacité à boire.
Gastro-entérite chez le bébé : risque de déshydratation
Qu’est-ce que la gastro-entérite et est-ce grave chez l’enfant ?
La gastro-entérite est causée par différents virus, le plus fréquent chez les petits étant le rotavirus. Ces derniers attaquent la paroi intestinale et perturbent l’absorption des nutriments et de l’eau. Cela entraîne une diarrhée abondante et/ou des vomissements, car le corps tente d’évacuer rapidement l’agent pathogène.
Les intestins enflammés génèrent une sécrétion excessive de liquide, entraînant une diarrhée. La perte rapide de liquide peut entraîner une déshydratation, d’où la nécessité de compenser cette perte par une réhydratation rapide. Il existe un risque de déshydratation et de perturbation des électrolytes, d’autant plus chez le tout-petit.
Comment éviter la gastro chez les bébés ?
Là encore, deux vaccins existent pour protéger contre le rotavirus : le Rotarix ou le RotaTeq. Ils s’administrent par voie orale, dans les tout premiers mois de vie, et réduisent nettement les gastro-entérites sévères et les hospitalisations chez les bébés.
Un point pratique qui vaut la peine d’être connu : le calendrier est serré et il n’y a pas de rattrapage. Les premières doses se font vers 2 mois, et passé 6 à 8 mois selon le vaccin, la vaccination n’est plus possible. Si le sujet vous intéresse, c’est une question à poser tôt, dès les premières consultations de suivi.
Ce vaccin n’est pas obligatoire, mais il est recommandé et intégré au calendrier vaccinal. Il ne protège en revanche que du rotavirus, pas des autres virus digestifs : les mesures d’hygiène restent la base. Lavage des mains, nettoyage des surfaces, allaitement maternel quand il est possible, et éviter autant que faire se peut le contact avec les personnes malades.
Que faire lorsque bébé vomit ou a de la diarrhée ?
La réhydratation est la priorité ! Donnez régulièrement une solution de réhydratation orale (SRO), ou du lait maternel, pour remplacer les liquides et les électrolytes. La réhydratation est à proposer fréquemment, en petite quantité.
En parallèle, une alimentation légère : si aucun aliment ne semble passer, il n’y a pas de mal à ce que l’enfant reste à jeun plusieurs heures, le seul impératif étant l’hydratation. Reprenez ensuite progressivement l’alimentation, avec des aliments légers et frais (compotes, yaourts natures riches en probiotiques) et anti-diarrhéiques comme le riz, les carottes, le coing…
Un mot sur ce qu’il ne faut pas faire : pas d’anti-diarrhéiques ni d’antivomitifs en automédication chez un tout-petit. La diarrhée évacue le virus, la freiner ne raccourcit pas la maladie. Ces médicaments ne se donnent que sur prescription, après examen.
Fièvre chez l’enfant : un mécanisme de défense du corps
On parle de fièvre au-dessus de 38 °C, mesurée chez un enfant normalement couvert, dans une pièce tempérée, et en dehors d’une période d’agitation. Ce seuil est le même à tout âge : ce qui change, c’est ce qu’on en fait. Chez un nourrisson de moins de 3 mois, 38 °C impose une consultation immédiate. Chez un enfant de 2 ans en pleine forme, 38,5 °C peut simplement être surveillé.
Pourquoi mon enfant a de la fièvre ?
La fièvre est une réponse naturelle du corps face à une infection. Elle aide à ralentir la croissance des agents pathogènes en augmentant la température corporelle et en activant le système immunitaire. L’hypothalamus du cerveau élève la température corporelle, ce qui provoque une sensation de froid et des frissons, avant que le corps n’atteigne une température plus élevée pour combattre l’infection.
Quels sont les risques de la fièvre pour un enfant ?
- Une mauvaise tolérance de la fièvre, lorsque l’enfant ne supporte pas la fièvre ou la montée en température et y réagit mal.
- Les convulsions fébriles, déclenchées par un pic de fièvre, généralement bénignes bien que très impressionnantes.
La montée en température entraîne un déséquilibre dans le fonctionnement du cerveau de l’enfant, encore immature et sensible aux fortes variations. S’en suivent alors des décharges électriques anormales dans les neurones, provoquant une crise convulsive. Elle peut se manifester avec des mouvements incontrôlés, les yeux révulsés, ou à l’inverse le regard figé, l’enfant étant inconscient à ce moment. Elles ne durent pas longtemps, quelques secondes à quelques minutes, et régressent d’elles-mêmes, pouvant laisser l’enfant somnolent pendant un moment.
Les convulsions fébriles n’ont pas d’impact durable sur le cerveau ou le développement de l’enfant, ne prédisent pas l’épilepsie, et surviennent de manière aléatoire.
Dans les cas de convulsions, la conduite à tenir est de placer l’enfant en position latérale de sécurité et de prévenir les secours.
Que faire lorsqu’un enfant a de la fièvre
- Proposez régulièrement de l’eau, de la solution de réhydratation ou autre (lait maternel chez les petits, boissons diverses chez les plus grands), pour prévenir la déshydratation.
- Habillez-le légèrement voire laissez-le en petite tenue, et évitez les couvertures, même s’il a froid. Maintenez la pièce autour de 18-20 °C.
- Le paracétamol peut être administré pour soulager l’inconfort, ou limiter la montée en température, mais il n’est pas indispensable d’en donner si l’enfant a une fièvre modérée et bien tolérée. Quand on en donne, c’est un seul médicament à la fois, à la bonne dose.
Les signes d’urgence en cas de fièvre
Bébé est malade : quand consulter pour avoir un avis médical ?
Quelles que soient les pathologies ou les symptômes, quelques grandes règles sont toujours valables pour savoir s’il est nécessaire ou non de consulter.
Il faut consulter systématiquement si bébé a moins de 3 mois (et directement aux urgences en cas de fièvre), si l’enfant a un comportement habituel mais que les symptômes durent plus de 48/72 h, ou si l’enfant n’est « pas comme d’habitude », qu’il tolère mal les symptômes.
Dans les autres cas, on temporise, on traite les symptômes et on surveille l’état de l’enfant.
Qui et où consulter en cas de maladie ?
Pour vous éviter d’avoir à trancher dans l’urgence, voici comment je résume les choses en atelier.
Pour le suivi habituel de l’enfant ou les pathologies du quotidien, les consultations complètes chez le pédiatre ou médecin généraliste sont la priorité, permettant une évaluation et auscultation de l’enfant. La problématique est de réussir à trouver un créneau suffisamment proche, permettant de discuter des symptômes de votre enfant en toute tranquillité.
Si la situation n’est pas inquiétante mais que vous avez besoin de conseils, une téléconsultation avec un pédiatre est une option rapide et efficace. Cela vous permet d’avoir un premier avis sans attendre ni vous déplacer, et de savoir quoi faire par la suite.
Les urgences pédiatriques sont nécessaires si votre enfant présente des signes de gravité comme la détresse respiratoire, des signes de déshydratation ou une fièvre mal tolérée. Si la situation est vraiment critique, ou tout simplement si vous ne savez justement pas si c’est grave ou non, appelez le 15, qui pourra vous rassurer, vous guider et vous orienter si besoin (ou intervenir si nécessaire).
Pour résumer
Les maladies hivernales chez les bébés et enfants sont courantes et le plus souvent bénignes. Si les symptômes ne durent pas et que votre enfant est globalement en forme, vous n’avez pas nécessité de consulter en systématique, traiter les symptômes est suffisant.
Vous connaissez maintenant les conduites à tenir pour ces pathologies classiques, et surtout les signes de gravité nécessitant consultation. J’espère que cela vous aidera à y voir plus clair !
Écrit par
Pauline, puéricultrice spécialisée sommeil et alimentation de l’enfant
DE puéricultrice · DU nutrition pédiatrique · 500 h de formation depuis 2018 · Formatrice premiers secours
Infirmière puéricultrice depuis 18 ans, je suis spécialisée dans le sommeil et l’alimentation des enfants de 0 à 6 ans, et je continue à me former régulièrement sur ces deux sujets.
Mon expérience de terrain auprès des tout-petits, mes formations transverses et mon rôle de maman nourrissent ma façon d’aborder le développement de l’enfant, ses émotions, sa santé, et le positionnement parental au quotidien.
J’accompagne plus de 200 familles par an, en téléconsultation, au cabinet et à domicile sur Paris et dans le Val-de-Marne.
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